Le sepsis est une urgence vitale : chaque année, il touche près de 50 millions de personnes dans le monde et en emporte plus de 11 millions. En France, son incidence est estimée à 403/100 000 habitants, avec une mortalité de 23 % et un fort risque de séquelles à long terme.
En février 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) et un large collectif de sociétés savantes ont publié pour la première fois en France des recommandations intégrées pour la prise en charge du sepsis du nouveau-né, de l’enfant et de l’adulte.
🔹 Les messages clés des nouvelles recommandations
- Prévenir le sepsis :
- Respecter le calendrier vaccinal à tous les âges.
- Connaître les facteurs de risque (âge <1 an ou >65 ans, comorbidités, immunosuppression, grossesse, chirurgie récente…).
- Promouvoir l’hygiène et l’usage raisonné des anti-infectieux.
- Dépister précocement :
- Identifier rapidement les signes d’alerte (troubles de conscience, tachycardie, hypotension, hypoxémie, purpura, marbrures…).
- Chez l’adulte, un score clinique ≥3 (parmi 6 variables simples : âge > 65 ans, température > 38°C, pression artérielle systolique ≤ 110 mmHg, fréquence cardiaque > 110/min, saturation périphérique en O2 ≤ 95%, troubles des fonctions supérieures) indique un risque élevé.
- En cas de doute : contacter immédiatement le 15.
- Prendre en charge sans délai :
- En ville : pas d’examens inutiles chez l’enfant, prélèvements ciblés chez l’adulte à risque, transport médicalisé vers un service disposant de soins critiques.
- À l’hôpital : antibiothérapie IV précoce, hémocultures, prise en charge hémodynamique individualisée et admission en soins critiques si nécessaire.
- Prévenir les séquelles et accompagner le patient :
- Mise en place précoce de programmes de réadaptation (mobilisation, rééducation respiratoire, suivi nutritionnel et psychologique).
- Suivi post-sepsis systématique à 3 mois et 1 an, incluant l’évaluation des fonctions physiques, cognitives et psychologiques.
- Soutien social et accompagnement de la réinsertion scolaire, professionnelle et sociale.
🔹 Pourquoi ces recommandations sont essentielles ?
Parce que 60 à 80 % des sepsis débutent en ville, l’identification et la réaction rapides des professionnels de soins primaires, mais aussi du grand public, sont cruciales. Ces recommandations visent à fluidifier le parcours de soins, de la médecine de ville à la réanimation, puis au retour à domicile, pour réduire la mortalité et les séquelles.
🔹 Deux fiches pratiques pour les médecins généralistes
Afin de faciliter la diffusion des recommandations et leur application au quotidien, deux fiches synthétiques validées par la HAS sont disponibles :






